Voyage au cœur de l'agriculture suisse

Des élèves du lycée agricole de Salles-de-Barbezieux vont séjourner à Sion durant une semaine

Les élèves de première en agriculture et élevage (ici avec Hugues Morvan), et ceux du CAP vont séjourneront en Suisse. (M. B.)

 

Ils seront loin des agriculteurs qui, hier, occupaient le bitume pour se plaindre des contraintes environnementales imposées par l'administration, et qui sont préoccupés par la production. À l'opposé, un groupe d'élèves du Lycée professionnel agricole (LPA) de Salles-de-Barbezieux, dirigé par Marie-Noëlle Ayçoberry, va prendre, lundi, le chemin de Sion en Suisse. Le temps d'une semaine, les futurs agriculteurs en classe de première, spécialisés en production animale, et de deuxième année en CAP viticole vont découvrir un tout autre univers agri-viticole.

La qualité plus que la quantité

Après les échanges avec Morges en 2005, c'est la deuxième fois que des élèves vont se rendre au cœur du canton du Valais, du côté de Sion. Un voyage pédagogique pour une incursion au milieu de l'élevage de chevaux, de vaches et de moutons, de la viticulture et de l'agriculture dont les méthodes sont aux antipodes de celles de l'Hexagone.

Hugues Morvan, conseiller principal d'éducation, avec Elvire Finance, professeur d'éducation socioculturelle, va accompagner les lycéens : « Nous allons montrer aux élèves la typicité d'une agriculture et d'une viticulture d'un pays qui n'appartient pas à la PAC (Politique agricole commune). Et donc pas préoccupée par la production, mais par la qualité. C'est le cas avec la viticulture, soucieuse, par exemple, de conserver une multiplicité de cépages. Contrairement à notre région avec l'ugni blanc ou le pinot noir de Bourgogne. Les Suisses obtiennent ainsi de très bons vins par assemblages. La "Petite Arvine" est unique au monde et produite sur 30 ares. La viticulture suisse, c'est comme l'horlogerie suisse. Elle préserve son originalité et sa diversité. Les exploitations ne dépassent pas trois hectares. Des parcelles appartiennent même aux communes.

« Côté élevage, nous allons nous intéresser à la vache d'Herens. Là encore, il s'agit de bêtes à viande et à lait que l'on peut comparer à nos vaches de combat. » Le souci n'est pas de tirer des litres et des litres de lait, mais de maintenir une race ancienne, robuste et adaptée au territoire. Dans ce sens : le fromage de raclette du Valais avec son AOC, la tome valaise reste unique.

Jusqu'à 80 % de subventions

Hugues Morvan le dit bien : « En Suisse, il s'agit d'aménagement du territoire, plus que de production. Un agriculteur de montagne peut vivre grâce aux subventions qui peuvent atteindre les 80 %. »

Un séjour qui s'annonce très intéressant, largement soutenu par la Région Poitou-Charentes. En effet, la Région apporte 150 € à chaque élève. Par le système d'échange qui réduit les frais d'hébergement, en l'occurrence en gîte de montagne, le coût se solde à 40 € à la charge des familles. Ce séjour découverte sera aussi ponctué de loisirs comme la luge sur piste ou les balades en raquettes.

 

Sud Ouest du 18 01 2013